Le monte-plats
Harold Pinter
Traduction de Eric Kahane
Rencontres Théâtrales de Bulle 2026
Du 13 au 16 mai 2026
Aula du CO de Pérolles, Fribourg
Du 13 au 15 novembre
Le projet
En bref
Ben et Gus sont deux tueurs à gages, qui résident dans une pièce miteuse afin d’exécuter leur nouveau contrat et attendent désespérément l’ordre de mission.
Dans cette attente sans fin, qui n’est pas sans rappeler celle de Godot, les deux personnages partagent et s’interrogent. Mais celle-ci est soudainement brisée par l’activation d’un monte-plat jusqu’alors dissimulé. Surprise supplémentaire : celui-ci leur passe commande.
Début de la machine infernale d’un restaurant fantôme.
En détaillé
Choix de ce texte
Au sein de la compagnie, nous avons eu l’envie de sortir de la “patte” Effectif Réduit qui a été, jusqu’à maintenant et ce un peu par hasard, principalement des monologues assez sombres et lourds de sens. Nous risquions de nous y enliser, et pour ma part, j’avoue que l’idée de faire encore un monologue me déprimait un peu.
D’où l’idée de se tourner vers le théâtre de l’absurde. Un théâtre de prime abord drôle, surprenant, rythmé mais qui ne manque pas de sens critique sur notre société.
Pour ce nouveau challenge, nous nous sommes penchés sur plusieurs textes, et celui qui a retenu notre attention pour une représentation dans le cadre des Rencontres Théâtrales de Bulle est Le monte-plats de Harold Pinter.
Intention de mise en scène
Le premier point qui nous a attaché à ce texte est qu’il s’inscrit complètement dans l’absurde “Ionesc-ien”. Elle a le potentiel de faire rire par ses situations grotesques, ses personnages presque caricaturaux, son mystérieux monte-plats autoritaire.
Mais en filigrane de cette strate comique, on y trouve une réelle réflexion : quel est le sens de ce travail qui semble ne servir à rien d’autre que d’occuper ces deux personnages et servir une entité supérieure fantomatique? Quel est le sens de suivre aveuglément des ordres de travail de plus en plus ridicules? Quand s’arrêter?
De plus, comme toute bonne pièce absurde, celle-ci questionne sur une incapacité à communiquer entre êtres humains, que ce soit entre Ben et Gus, mais également entre les deux personnages et le monte-plat.
Finalement, d’un point de vue purement interprétatif, un texte comme celui-ci offre la possibilité de travailler sur les mouvements du corps, la mécanique du corps, avoir un travail à la frontière du “clownesque”, qui est à la fois intéressant à diriger et jouer.
Pour essayer de mélanger ces différents axes de lecture et d’interprétation, nous avons décidé de changer légèrement les costumes indiqués par l’auteur dans les didascalies. Afin de faire ressortir ce côté « bullshit job », sale boulot, et aussi parce que l’image du tueur à gage a quelque peu évolué, nos comédien.nes seront en combinaison de travail.
Je travaillerai avec elleux sur le regard (ces personnages se regardent-ils réellement ?) mais aussi sur la mécanique des corps ; le corps est une machine. Cette phrase ô combien simple saura à la fois raisonner avec la thématique du « travail sans sens », mais saura également complimenter les aspects drôles du texte et du dialogue.
Iels seront accompagnés d’un décor des plus simples : 2 lits en fer, volontairement abîmés et rendus pratiquement inutilisables, ainsi que ce fameux monte-plat qui sera intégralement manié depuis les coulisses par un membre de la Compagnie.
Un dernier point qui nous semblait crucial à ce texte, et pour lequel il nous a fallu pas mal de temps pour trouver une réponse, est le suivant : l’enfermement. Nous ressentions le besoin de faire ressortir l’isolement et l’enfermement de Ben et Gus dans cette mystérieuse salle. Nous avons finalement décidé de nous tourner vers un système de vidéo live, qui sera entièrement géré par moi-même depuis les coulisses, en utilisant une webcam sur moteur et un écran « en l’air » sur la scène qui retranscrira directement pour le public ce qu’elle filme, afin de rendre l’ambiance pesante, malgré l’humeur et l’absurde qui s’en dégage.
Distribution
Interprétation
Gus: Sandy Maillard
Ben: Julien Mossu
Mise en scène, direction des comédien.nes
Bryan Oberson
Scénographie
Olivia Kuhnen, Bryan Oberson
Création lumière
Lucile Brügger
Graphisme
Olivia Kuhnen
Comité
Zoé Colliard, Céline de Raemy, Ella Pasquier
Harold Pinter est représenté par L’ARCHE – agence théâtrale. www.arche-editeur. com
GUS: Ça me plairait pas d’habiter ici en permanence. Ça me gênerait moins s’il y avait une fenêtre, on pourrait voir à quoi ça ressemble dehors.
BEN: Qu’est-ce que tu as besoin d’une fenêtre?
GUS: J’aime bien avoir de la vue. Ça passe le temps, Ben.
C’est vrai, on arrive dans un endroit quand il fait encore nuit, on entre dans une pièce qu’on a jamais vue, on dort toute la journée, on fait le travail, et quand on s’en va c’est de nouveau la nuit.
J’aime bien jeter un coup d’oeil au paysage. On n’en a jamais l’occasion, dans ce travail.
Le monte-plats
Harold Pinter
L’auteur
Harold Pinter
Né en 1930 et décédé en 2008, Harold Pinter est un écrivain, dramaturge, scénariste et metteur en scène britannique, issu de la classe ouvrière.
Il entre dans le monde du théâtre en 1951 en intégrant l’Ecole centrale des arts de la scène, et sa première pièce est interprétée en 1957.
Dès le début, il est influencé par le théâtre de l’absurde, principalement par les oeuvres de Samuel Beckett. Il rencontre son premier grand succès en 1960 avec sa pièce The Caretaker (Le Gardien). On l’assimile au groupe des Jeunes gens en colère, dans lequel font également partie John Osborne et Edward Bond. Très vite, l’aspect politique du théâtre et de l’art devient une occupation principale de son oeuvre, et l’accompagnera jusqu’à sa mort.
Il reçoit le Prix Nobel de Littérature en 2005, ainsi que le Prix Europe pour le théâtre en 2006.
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